Le Blog des Francomanias 2012

Interview de jO Mettraux aux Francomanias

De l’autre côté de la porte du frigo

Les Francomanias, c’est bien sûr cinq jours de festival, une vingtaine de concerts, près de 200 bénévoles et plus de 9000 spectateurs. Mais c’est aussi quatre milles litres de boissons sans alcool écoulés, deux milles litres de bières vendus et plus de 800 bouteilles de vins dégustées. «Cela dépend de l’auditoire. Le public de Thiéfaine est plus un public à bière que celui de Coeur de Pirate, par exemple», analyse Thierry, responsable du ravitaillement. «De manière général, on vend moins de bières depuis quelques années. Avant les ventes surpassaient largement celle de minérales.»
A la subsistance, un binôme est aux commandes. Laurence chapeaute principalement les bénévoles derrière les bars alors que Thierry, aidé d’un volontaire, s’occupe essentiellement de garnir les frigos. Il commande aussi les rafraîchissements sur la base de la consommation des années précédentes.
Thierry n’a pas manqué une seule édition des Francomanias depuis la toute première. Il a connu le temps de l’Hôtel-de-Ville. «C’était tout petit. On mangeait tous ensemble: les bénévoles, les techniciens et les artistes. A l’époque, on n’avait pas qu’un seul poste. Tu allais chercher les artistes à la gare avant de surveiller les entrées et de donner un coup de main pour les repas.»
La tenue du festival sur un seul site a considérablement facilité l’organisation du ravitaillement. «C’est plus facile et c’est mieux pour l’ambiance. On retrouve l’atmosphère des débuts mais en plus grand. Et puis les livreurs se perdent moins depuis qu’il n’y a qu’un lieu.»

Interview de Tyago aux Francomanias

Interview de Hubert-Félix Thiéfaine aux Francomanias

Interview d’Alex Beaupain aux Francomanias

Photos des concerts de jeudi

De l’autre côté de la porte des loges

Pour les Francomanias et le bien-être des artistes, les froids vestiaires de la patinoire ont été métamorphosés en cinq chaleureuses loges. «Deux bénévoles ont tout décoré», explique Sandrine, en charge de l’accueil des musiciens. «Barbara, la responsable de l’infirmerie, nous a prêté tous les meubles de son appartement!» La loge commune est égayée par des vinyles, des pochettes de disque et meublée de canapés en cuir, provenant du Montreux Jazz.
Les journées commencent à 9 heures le matin et se terminent le lendemain vers 3h30. Première tâche: préparer les demandes spéciales de chaque artiste: un nombre de linges éponge précis - en tout, 75 grands et 250 petits en trois jours-, une marque de whisky spécifique, des légumes ou des plats de viande. 
Seule demande vraiment saugrenue de l’édition: douze boîtes pour chat exigées par Hubert Félix Thiéfaine. Va-t-il débarquer avec un troupeau de minets? Réponse ce soir. «Nous avons déjà accueilli Poilu, le chien d’Epheire», se souvient la Bulloise.
Les groupes sont nourris, logé, blanchis. Ce dernier service pose parfois problème. «Nous avons amenés les affaires de Juliette trop tard mardi. Elles nous sont revenues encore mouillées. On a séché son soutien-gorge au foehn.»
Nouveauté de l’édition, les artistes bénéficient des doigts de fée de masseurs et d’ostéopathes. Une aubaine pour la même Juliette arrivée à Bulle avec une sciatique.  «Les années précédentes, ils étaient disponibles sur appel. C’est vraiment un plus de les avoir sur place. Tout le monde en profite, même les techniciens. Ils n’ont pas eu une minute depuis mardi.»
Pour offrir le meilleur service, en toute discrétion, le staff est trié sur le volet. Sandrine choisit des personnes de confiance, avec lesquelles elle a déjà travaillé, sur d’autres festivals, notamment. «Surtout jamais de groupies! Quand je prends des personnes que je ne connais pas, je suis toujours un peu stressée», avoue la jeune femme qui adore organiser et rendre les gens heureux. 

Interview du Projet Netton Bosson aux Francomanias

De l’autre côté des crash barrières

Ils ont été des dizaines à se ruer vers la grande scène dès les barrières barrant l’accès levées. Un objectif: être au premier rang. Depuis, ils patientent sagement, pendus aux balustrades qui les séparent de l’artiste tant convoité. Certaines têtes blondes dépassent à peine des garde-corps. Cet espace vide est le royaume de la sécurité, des infirmiers et des photographes.
En attendant l’entrée en scène, on distribue des boules Quies. Les lumières s’éteignent, la clameur monte. La première note entonnée, les smart phones sont dégainés. On fait profiter Maman du concert par téléphone interposé.
Dans la foule, pas d’excès d’enthousiasme. Les lèvres murmurent les paroles apprises entre les quatre murs des chambres à coucher. Quelques bras s’élèvent, quelques mains applaudissent. Même aux premières loges, la plupart lorgne vers l’écran géant.
Un flash crépite. Les agents de sécurité scrutent l’auditoire. Un doigt accuse un fan peu obéissant. D’un signe, le contrevenant est rappelé à l’ordre.
Durant le spectacle, on distribue de l’eau conservée à proximité dans deux boilles. On essaye d’attirer l’attention de la sécurité. «Je me sens mal», déclare un jeune homme, tout à fait pâle. Ni une ni deux, il est soulevé du sol et déposé de l’autre côté des crash barrières. Direction l’infirmerie.

Interview de Brigitte aux Francomanias